dimanche 1 février 2009

J'ai dû passer là...


A lire avec cette musique:







Il m'arrivait de rester des heures sur un banc 
Dans un jardin public à regarder les passants
A épier ces amoureux étranges à mes yeux
Ces gens heureux qui riaient aux éclats,
Ces enfants sortant de l'école venant jouer en groupe,
Ces vieux qui me fascinaient par leur sagesse,

La moitié de mon enfance je l'ai passé ainsi
A m’imprégner des autres vu que je n'avais pas de vie
J'étais toujours seule et silencieuse et quand je me faisais une amie
Je lui donnais jusqu'à la dernière goutte de ma tendresse
Sûrement par tristesse,

Elles m'ont la plupart poignardées dans le dos
Je vivais dans un pays de balance et de fachos
J'ai dû porter des mains sales sur mon corps
J'avais 15 ans et déjà plus une enfant
J'ai dû avaler les insultes qu'on me jetait en pleine gueule

Je me suis mariée j'avais 17 ans et un enfant
J'me retrouve maman, très lourde responsabilité
Pour la petite fille qui n'a jamais grandi
Puis les pressions psychologiques
Les reproches d'un mari que je n'ai jamais aimé

Il ne comprenait pas que mon corps le refusait
7 années où j'ai dû assumer jours et nuits ces conneries
Son mépris, sa colère, sa haine aussi
Ces coups je les ai tous encaissé un après un
Et puis j'ai forcé mon destin

J'ai demandé le divorce pas facile quand on vit
Dans un pays comme le mien, aucune aide financière
Tu te retrouves dans la rue avec ta petite tribu
J'avais quand même de la chance j'avais les miens
Ma soeur m'a soutenue, il fallait que je sorte de cette galère

Mois après mois, je me suis forgée une identité
Les années qui ont suivi ne m'ont pas épargnées
J'ai souvent dû ravaler ma fierté 
Faire de petits jdob pour garder ma dignité
Rien  n'a été facile mais le plus dur c'est de s'en sortir

On ne naît pas parfait, mais on le devient
Si on parfait ce que l'on est...
Je suis aujourd'hui, mais j'ai été
Une femme qui aura tout vu, affronté,
Y'a qu'une chose qu'ils n'auront jamais c'est ma liberté d'être... 

 Mouna Toujani.

mardi 13 janvier 2009

Parfois ma mémoire en a marre



Parfois ma mémoire en a marre
Alors j’laisse faire le hasard
Marre de cette terre bordée de cons
Et là j’ressens ce b’soin d’évasion
Envie d’un regard passion
Qui rallumerait ma flamme
Pouvoir l’aimer avec mon âme
J’veux vivre un amour fusion

J’voudrais tant ressentir un brin de folie
Sortir du concept que j’ai parfois d’la vie
Être aveuglé par l’amour
Et lui susurrer des tendres « je t’aimerai toujours »
Caresser un visage, sentir une peau
Humer son parfum, lui faire des câlins

Parfois ma mémoire en a marre
Alors j’laisse faire le hasard
Marre de cette routine
Que j’traine et que j’piétine
Et là j’ressens ce b’soin de dépasser mes limites
Et aimer à en perdre la raison
Mourir d’amour sous un corps à l’abandon
J’veux vivre un amour frisson

J’voudrais tant ressentir un brin de folie
Sortir du concept que j’ai parfois d’la vie
Écouter mes désirs et mes envies
Et lui susurrer des tendres « Y a que toi que mes bras ont serré comme ça »
Envie qu’on touche mon esprit mon âme
Sentir son odeur, me soumettre à ses plaisirs
Fermer les yeux et me sentir enfin heureuse
J’veux vivre un amour fusion
J’veux vivre un amour frisson

Mouna Toujani.